Covid long : en sortir avec le Reishi ?

Fatigue intense, troubles cardio-respiratoires, insomnie, perte de moral, entrecoupés de courts moments de répit, font partie des signes de l’infection persistante au coronavirus. Cette situation invalidante peut durer des mois.
Le Reishi, un champignon adaptogène de la pharmacopée chinoise et japonaise pourrait changer la donne.
Nous montrons ici deux exemples de son utilisation.

Reconnaître le covid long.
Lorsqu’il fait suite a un épisode de covid aiguë diagnostiqué à travers des tests positifs et des signes cliniques évidents (perte d’odorat par exemple), le covid long est avéré et fait l’objet d’un suivi médical, assorti parfois d’une aide en psychothérapie et en kiné respiratoire sur plusieurs mois.
Le covid long est plus difficile à identifier lorsqu’il fait suite à une première infection quasi asymptomatique, non objectivée par des tests antigéniques ou PCR. Parfois même la sérologie est négative, montrant l’absence de réaction spécifique au covid 19 (des chercheurs font l’hypothèse d’une réaction croisée avec d’autres virus contre lesquels le patients seraient déjà immunisé). S’il n’y a pas de perte d’odorat, seul symptôme très explicite, le médecin doit alors se concentrer sur un ensemble de signes cliniques formant un syndrome atypique mais somme toute cohérent.
Les symptômes les plus invalidants sont :
intense fatigue, courbatures (allant de la raideur générale jusqu’à des douleurs articulaires invalidantes), sensation de respiration difficile (comme s’il fallait « tirer » sur la respiration), troubles du rythme cardiaque (palpitations ou extrasystoles) et désadaptation à l’effort, douleurs thoraciques (faisant penser à un problème cardiaque), insomnie (en particulier en fin de nuit), perte d’enthousiasme et irritabilité (sensation d’avoir pris « un coup de vieux », démotivation générale, idées noires), troubles de la concentration ou de la mémoire.
Ils sont accompagnés de tout ou partie des symptômes suivants : maux de tête récurrents, gorge prise (voix rauque, toux , glaires), sensation de gène à l’estomac, bourdonnements d’oreilles, selles molles ou diarrhées, légère fièvre et instabilité thermique, perte de goût et d’odorat, sécheresse des yeux…

Attention : ces symptômes peuvent induire une confusion avec d’autres pathologies, ou masquer d’autres pathologies. Il est indispensable de voir un médecin qui fera un bilan et établira un diagnostic. (1)
Il existe une particularité qui renforce la présomption de covid long : certains jours on se réveille en forme, la plupart des signes ayants disparus comme par miracle. Mais cela ne dure pas plus de deux ou trois jours et l’enfer recommence.


Quel est ce champignon qui pourrait agir sur le covid long ?

Le Reishi (ganoderma lucidum) est l’un des « trois trésors de longévité » de la Médecine Traditionnelle Chinoise avec le ginseng et le cordyceps. On en trouve déjà mention sous son nom chinois de Ling Shi dans le Shen Nong Bencao Jing ( le « Classique de la matière médicale du Laboureur Céleste ») considéré comme le plus ancien ouvrage de pharmacopée chinoise, attribué à l’empereur mythique Shen Nong qui l’aurait rédigé 2800 ans avant notre ère.
Très précieux parce que poussant lentement à l’état sauvage sur certains arbres et dans des conditions particulières , il a commencé à être cultivé dans les années soixante-dix et est devenu depuis tout à fait abordable.
Il est habituellement commercialisé comme complément alimentaire adaptogène pour lutter contre la fatigue chronique. Il est remarquablement dénué d’effets secondaires, de la même manière que le Shiitaké (aux propriétés proches) qui est encore plus populaire car utilisé couramment en cuisine.
Le Reishi est réputé pour son action contre différentes infections chroniques, que ce soit pour venir à bout du HPV (papillomavirus), réduire la récurrence des poussées d’herpès, réduire la charge virale dans les cas d’hépatites, lutter contre la maladie de Lyme (Borréliose)…
Son action semble être liée à ses propriétés anti-oxydantes et antivirales, mais surtout à sa capacité à rééquilibrer le système immunitaire dans ses fonctions non spécifiques (cellules NK, destruction des virus circulants ) et dans le sens d’une meilleure immunité « cellulaire ». Ce nom renvoie à la capacité de détruire les réservoirs de virus que forment les cellules infectées par les lymphocytes Tcd8+. Elle vient compléter l’action de l’immunité « humorale », c’est à dire basée sur la production d’anticorps spécifiques, celle qui est directement ciblée par le processus de la vaccination et que l’on évalue par une sérologie.
C’est l’action de ces deux réponses immunitaires, issues de deux lignées distinctes de lymphocytes Tcd4+, les Th1 et les Th2, qui permettrait l’éradication du virus.
Une mauvaise réponse de cette immunité serait à l’origine du covid long dans la tranche d’âge des 40/50 ans, et des formes retardées sévères chez les plus âgés. (2)
Dès le début de la pandémie des chercheurs se posaient la question de l’utilisation du Reishi (3), nous allons voir que l’expérience clinique leurs donne raison.

Exemples cliniques :

Une infirmière de cinquante ans a été malade du coronavirus en octobre 2020. Mais sa période de convalescence s’est prolongée, jusqu’à ce qu’elle soit déclarée en covid long. C’est une situation qui la force régulièrement à des arrêts de travail. Début janvier elle commence à prendre du Reishi matin et soir. Au bout de vingt-quatre heures elle voit ressurgir les symptômes typiques du début de sa maladie – glaires et toux- et s’aggraver les courbatures, les maux de tête, les douleurs et gènes thoracique… Puis au bout d’une semaine elle ressent une amélioration progressive et durable, elle dors bien, n’a plus de courbatures, respire normalement. Au bout de quinze jours elle reprend une vie normale. Cette amélioration s’est confirmée dans les semaines suivantes.

Cet autre cas est un peu plus complexe :
Un homme de 57 ans dors mal depuis plusieurs semaines, il se sent harassé de courbatures, déprimé, et soupçonne un problème cardiaque du fait de sa respiration difficile, de douleurs thoraciques, de palpitations. Mais des examens cardiaques ne montrent rien d’anormal. On le renvoie alors à une problématique de mal de dos éventuellement psychosomatique.
Cependant il est intrigué par le fait que certains jours seulement, de façon totalement aléatoire, il se sent en forme et sans aucun symptômes. D’autres manifestations sont curieuses : troubles du transit, acouphènes, engelures… Il se souvient avoir vécu deux mois auparavant deux jours de fatigue avec un léger mal de gorge qui pourraient bien correspondre à un premier contact avec le coronavirus. Une consultation en médecine générale conclut à la possibilité d’un covid long mais le résultat de la sérologie est négatif. Sans certitude il commence à prendre du Reishi. Dès le lendemain tous les symptômes sont aggravés et s’y ajoutent des ganglions au cou, un enrouement avec des glaires, un état fébrile avec des maux de tête, une lombalgie, des maux d’estomac.
Après cinq jours éprouvants, la fatigue et les douleurs thoraciques cèdent, puis la respiration redevient aisée, le rythme cardiaque et la fonction digestive se normalisent. Au bout de deux semaines il a repris une vie normale.
Il lui reste une légère gène à la gorge, ce qui indique que le combat n’est pas terminé et le motive a continuer la prise de Reishi.


Se procurer et utiliser le Reishi :

c’est aujourd’hui un produit courant en magasin diététique ou en pharmacie, disponible principalement sous forme de gélules de poudre de champignon déshydratée. De nombreux sites de vente en ligne en proposent, directement chez des producteurs ou via un revendeur, de toutes les qualités et de toutes les provenances, et surtout à tous les prix.
Il est de simple bon sens de privilégier une production française ou européenne, certifiée bio, à un prix comparable à celui d’autres compléments alimentaires d’usage courant.
Il n’existe pas de recommandations précises sur le dosage, mais on peut retenir qu’une bonne efficacité est remarquée avec environ 500mg (soit entre une et deux gélules) matin et soir pour un adulte.

Il existe quelques mises en garde : il serait déconseillé aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes suivant un traitement anticoagulant, et aux personnes allant subir une intervention chirurgicale.

On aurait relevé de rares et passagers effets secondaires : des démangeaisons, des saignements de nez, des diarrhées et une sécheresse au niveau de la bouche, de la gorge et du nez.
Dans tous les cas il est bon de dialoguer avec son médecin lorsque l’on utilise des compléments alimentaires pour d’éventuelles contre-indications.

En conclusion, le Reishi semble bien agir en relançant la fonction immunitaire des personnes restées bloquées dans une situation d’infection chronique au coronavirus.

S’il est indispensable de se faire suivre par un médecin afin de bénéficier d’un diagnostique et d’un suivi sérieux, l’efficacité du Reishi observée chez plusieurs personnes, son usage simple et son prix modique en font un traitement de choix.
Il est synonyme d’espoir pour toutes les personne formellement déclarée en covid long ou simplement suspectée de cette problématique (4).

(1) Fiche covid long de la Haute Autorité de Santé : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3237458/fr/covid-19-diagnostiquer-et-prendre-en-charge-les-adultes-presentant-des-symptomes-prolonges

(2) Etude moderbacher 2020 immunité et covid 19 :
https://www.cell.com/cell/pdf/S0092-8674(20)31235-6.pdf?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867420312356%3Fshowall%3Dtrue

(3) Une page très documentée à propos des propriétés du Reishi :
https://selfhacked.com/blog/can-reishi-fight-coronavirus-covid-19/#comment-129750

(4) Pour connaître les symptômes et la prise en charge classique : https://www.santemagazine.fr/videos/sante/poumons/covid-long-je-souffre-dune-forme-longue-de-covid-19-le-temoignage-de-gregory-sequelles-prise-en-chage-876227

Un an de coronavirus

Qu’avons-nous appris ?

Il y a un an , nous apprenions par les médias, ou plus directement par des proches concernés, que la situation dans les hôpitaux était devenue critique : un flux continu de malades en détresse respiratoire saturait les urgences et les services de soin intensifs. Le 16 mars 2020, la France déclarait le confinement. Que savons nous aujourd’hui que nous ignorions à cette époque ?

Nous avons appris que :
l’histoire d’un virus qui déferle sur la planète n’est pas juste un bon scénario de film catastrophe.
Une même maladie bénigne ou invisible pour certains peux entraîner des semaines de réanimation pour d’autres, et cela pas toujours corrélé à l’âge.
Qu’un masque, même cousu main dans un reste de tissu, peu nous protéger des postillons que nous nous envoyons à la figure.
Que papa et maman avaient quelque part raison lorsqu’ils nous disaient d’aller nous laver les mains avant de passer à table.
Que ces deux mesures de protection, en plus de ne plus se faire la bise, sont capables de faire disparaître la grippe, la gastro-entérite, la plupart des angines, la redoutable bronchiolite, et ainsi de suite… et aussi d’éviter que 67 millions de français ne tombent malades en quelques mois, sachant que cela aurait provoqué au moins un million de demande d’hospitalisations dans le même temps !
Que notre système de santé repose avant tout sur des hommes et des femmes, qui ont été chaleureusement applaudis chaque soir à 20 heures, mais que leur hiérarchie semble avoir encore du mal à le comprendre.
Qu’il faut être bien jeune et se prendre un peu trop au sérieux pour comparer 2020 à l’entrée en guerre de 1940. Les anciens, eux, se rappellent…
Que les français sont encore plus râleurs qu’on ne le pensait, criant à la dictature, à l’incompétence, et s’offusquant que le gouvernement prenne les mesures qu’ils ont eux-même souhaités.
Que la vraie dictature et la vraie incompétence existent chez certains voisins .
Que dans ces pays, si vous découvrez un nouveau virus, vous vous faites assassiner ou mettre en prison, au risque de laisser contaminer la planète.
Que des malades peuvent ne pas être comptabilisés afin de sauver la face d’un régime politique. Qu’un dirigeant peu déclarer qu’une pandémie n’existe pas parce que ça l’arrange personnellement.
En bref que la démocratie et l’état de droit qui prévaut dans notre République ont des cotés rassurants.
Que l’on aime se faire peur avec des histoires de complots, de Nouvel Ordre mondial, de guerre bactériologique, de vaccins trafiqués, mais qu’au fond on est bien content qu’existe un solide système d’évaluation scientifique de toutes les nouveautés qui apparaissent.
Que l’Europe, toujours accusée d’en faire à la fois trop et pas assez, pouvait en réalité nous éviter une ruineuse guerre d’approvisionnement en vaccins entre pays voisins, et le recours à des produits russes ou chinoises dont on ne savait rien.
Qu’il est possible de trouver de l’argent pour sauver l’économie réelle là ou l’économie spéculative nous dicte des politiques d’austérité insoutenables.
Qu’un système de vaccin à Arn particulièrement simple et efficace jusque là réservé à la médecine vétérinaire peut rendre service à l’humanité, pour peu que l’on se soit donné les moyens de le développer.
Que dîner entre amis, aller au cinéma, faire de la musique, se rendre à un spectacle, un concert, un festival est à la longue aussi vital que de manger, boire et de respirer.
Qu’Internet permet vraiment de dire tout et n’importe quoi et de faire le lit de tout les extrémismes.
Que ce même Internet permet de s’informer, d’organiser la solidarité, de sauver des situations , de malgré tout garder le lien, de travailler et d’apprendre en attendant mieux.
Que les professeurs, lorsqu’ils donnent cours en visioconférence, ne sont pas disponibles pour aller cueillir les fraises, et que leur présence en face à face avec leurs élèves a beaucoup de valeur.

Que tout les sacrifices que nous les avons consentis, sinon souhaités, c’était pour que les plus fragiles d’entre nous ne restent pas sans soin dans un couloir d’hôpital.
Que c’est ce qui fait de nous des civilisés.
Que cette solidarité, c’est notre plus grande fierté.

Le nouvel an énergétique

Pourquoi le fêter en février ?
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Le premier jour de l’année
Définir le premier jour de la nouvelle année est un problème aussi ancien que l’invention du calendrier. Mais comment définir le début d’un nouveau cycle ? Tracez un cercle : ou se trouve le début ?
Dans la pratique il s’agit de faire coïncider une sensation de renouveau avec un évènement naturel facilement repérable et qui fasse consensus.
On se base en général sur un phénomène astronomique, le plus simple à observer étant le solstice d’hiver, c’est à dire le moment de la culmination la moins importante du soleil, le jour de sa position la plus basse sur l’horizon. Un système rudimentaire d’observation, tel qu’un simple cadran solaire, peut suffire.
On trouve aussi l’équinoxe de printemps, lorsque la jour et la nuit ont la même durée et que la hauteur du soleil est exactement entre celle du solstice d’hiver et celle du solstice d’été. Le repérage de l’équinoxe demande toutefois de posséder un observatoire pour mesurer précisément cette hauteur.
Comme certains jours le ciel est couvert, les astronomes ont du inventer des techniques basées sur le comptage des jours avant et après ces phénomènes et un report des observations astronomiques dans un calendrier pour pouvoir en assurer le relevé.

Le calendrier
Le calendrier est ensuite utilisé pour définir les jours d’activités collectives, c’est à dire les moments forts de la vie religieuse, politique, agricole …
Le jour du nouvel an est un de ces temps forts, mais comme on vient de le voir, rien ne permet d’en définir le moment sinon la convenance par rapport à un système de calcul basé sur l’observation astronomique.
De surcroît chaque calendrier pose des problèmes techniques : une année solaire dure 365,25 jours. Si l’on se base sur une année de 365 jours, il dérive d’un jour en quatre ans, soit de presque un mois en un siècle !
C’est ainsi que chez nous en occident le nouvel an s’est déplacé au gré des réformes du calendrier, jusqu’à la mise en place du calendrier grégorien, enfin stable car il rajoute une années bissextile tous les quatre ans (à l’exception d’une par siècle).
Par exemple un de ces recalage de calendrier a déplacé le nouvel an du premier janvier au premier avril, ce qui est à l’origine des farces que l’on commet ce jour là.
Le dernier mois de l’année porte le nom de décembre, « le dixième mois », témoin d’un jour de l’an bien plus tardif. Le zodiaque astrologique débute avec le signe du Bélier à l’équinoxe du printemps, actuellement le 21 mars.
Notons une anomalie qui n’a pas été empêchée par la réforme grégorienne : la fête de Noël devrait avoir lieu le jour du solstice d’hiver, soit le 21 décembre et la Saint Jean le 21 juin au solstice d’été.

Choisir le moment du nouvel an
Notre premier janvier, premier jour de notre actuel calendrier, a lieu 11 jours après le solstice d’hiver. Pourquoi ce moment de l’année ?
En réalité l’observation du soleil nous apprend que 11 jours avant le solstice d’hiver a lieu le coucher de soleil le plus précoce de l’année, après quoi les après-midi commencent à s’allonger. D’où le proverbe : « à la Sainte Luce (luce =lumière), les soirs augmentent du saut d’une puce ». Mais pendant ce temps les jours décroissent encore le matin.
De même 11 jours après le solstice d’hiver le soleil se lève au plus tard de l’année, ensuite il commence à se lever de nouveau plus tôt.
C’est cette observation qui a conduit à placer le 1er janvier au moment ou non seulement les soirs mais aussi les matins commencent à s’allonger.
C’est une jolie façon, mais pas la seule, de marquer l’entrée dans la nouvelle année que de fêter le moment ou les jours s’allongent sans ambiguïté.

Le réveil des énergies
Nous venons de voir que l’observation astronomique ne suffisait pas à définir le moment idéal pour le début d’année. Il s’agit d’un choix subjectif, ce qui explique la très grande variété des dates de nouvel an dans les différentes cultures.
Penchons nous maintenant sur le calendrier chinois qui nous intéresse particulièrement.
Le calendrier chinois est soli-lunaire, ce qui veut dire que les mois chinois sont en fait les cycles lunaires. Comme 12 lunes font moins d’un an, il existe une année à 13 lunes environ tous les trois ans.
La date du nouvel an chinois tombe entre le 21 Janvier et le 20 Février, le jour de la nouvelle lune qui se situe à mi-distance entre le solstice d’hiver et l’équinoxe du printemps.
Cette notion de mi-distance est la plus importante sur le plan énergétique: les chinois ont décidé de fixer le début du cycle solaire à ce moment clé, le 5 février dans notre calendrier.
Pourquoi ?
Si nous voulons le comprendre, il nous suffit de nous livrer, comme eux l’on fait il y a plus de 4700 ans, à une observation de la nature. Le fait le plus évident est le retour du chant des oiseaux. En janvier il est tout à fait exceptionnel d’entendre chanter une mésange ou une grive, mais dès le début février le concert commence, d’abord timidement pour s’amplifier jusqu’aux mois de mai et juin.
Les plantes se préparent de façon invisible à la monté de sève, alors même que les plus grands froids sont encore à venir. Dans le sud de la France les mimosas et les amandiers commencent à fleurir, marquant le réveil de l’énergie des plantes.
Si nous nous observons nous-même, nous verrons que nous sommes très sensibles à cette période à chaque indice de renouveau : l’émotion de voir de l’herbe verdir au pied d’un muret, la nuit qui n’est plus si noire au lever, le soleil qui se couche vraiment plus tard dans l’après-midi, et dont le rayonnement devient plus puissant en journée. Les rayons qui rentraient par la fenêtre jusqu’au fond du séjour qui se font plus courts et plus ardents.
Physiquement nous avons un peu plus d’énergie, ce qui s’accompagne d’un peu plus d’enthousiasme, de capacité à se projeter dans l’avenir.

Vivre l’intersaison énergétique
Les anciens chinois ont aussi observé que ce fragile retour d’un nouvel élan dépendait également des conditions atmosphériques du moment. Qu’il fasse bon et l’on pourrait se croire au printemps . Que le froid ou la neige nous assaille, et l’on pourrait penser que l’hiver n’en finira pas. Ils ont donc choisi de définir cette période de l’année comme une intersaison entre hiver et printemps, s’étalant du 27 janvier au 15 février.
Ces dates sont définies de la façon suivante : l’année est découpée en 5 saisons de 73 jours, la cinquième saison étant elle même répartie en quatre intersaisons de 18 jours. La première intersaison est centrée sur le 5 février (point milieu entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps) ce qui donne la période du 27 janvier au 15 février.
Tout cela peut sembler totalement arbitraire. Mais ma pratique de l’énergétique, et donc de l’observation des phénomènes naturels comme de la physiologie humaine m’ont amené à en percevoir l’extrême pertinence.
La notion de cinquième saison et de son rapport avec l’énergie de la Terre en médecine chinoise demandera d’autres développements, mais notons ceci :
jusqu’à la fin janvier, nous nous sentons vraiment dans l’énergie de l’hiver, même en cas de redoux ou de beau temps extraordinaire.
A partir de mi-février, nous nous sentons emportés par les projections d’avenir, l’année précédente nous semble déjà loin, qu’il neige ou qu’il vente.
J’observe sur mes patients en cette intersaison une augmentation des plaintes d’état d’irritabilité, de douleurs erratiques, de réveils nocturnes qui sont typiques du printemps.

En conclusion, le nouvel an chinois nous indique une période de l’année pendant laquelle nous sortons progressivement de l’intériorité hivernale pour nous projeter avec une énergie croissante vers l’avenir. Cette sensation de renouveau dépend cependant des conditions climatiques.
Pourquoi ne pas en profiter : s’il fait beau et doux pour faire quelques travaux de jardinage (c’est la période de la taille des arbres) ou faire de belles sorties en nature, et s’il fait mauvais, de paresser encore un peu sous la couette ou au coin du feu.
Dans tous les cas , le printemps de l’énergie n’est plus très loin.
Bonne intersaison à vous.

L’interstitium

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L’Interstitium, et si c’était la Rate ? (Article publié dans le MTC Mag numéro 61 octobre 2019)

Au cours de l’année 2018, une équipe de chercheurs annonçait avoir identifié une nouvelle fonction anatomique dans le tissu interstitiel humain.
Celui-ci, dénommé Interstitium, est une structure jusque là mal connue dont les propriétés et la physiologie ont été précisés dans une publication de la revue Nature (1)
De plus son étendue dans le corps a été réévaluée, on retrouve des cellules de l’Interstitium autour de la plupart des organes, des vaisseaux et dans le derme, ce qui en ferait la structure anatomique la plus vaste du corps. Certains ont même parlé de la découverte d’un nouvel organe.

Cette découverte avait fait l’objet d’un article la revue MTC Mag (décembre 2018)(2). Après avoir décrit en détail cette découverte scientifique, l’article rapportait que selon leurs auteurs ce tissu interstitiel diffus dans tout le corps pouvait peut-être expliquer le fonctionnement de l’acupuncture, ou encore représenter la base anatomique d’une fonction dont la localisation est ambiguë dans les textes canoniques de la MTC : le Triple Réchauffeur.

Pour ma part j’avais également été interpellé par l’annonce de cette découverte, car ce n’est pas tout les jours que l’on décrit littéralement un “nouvel organe” dans le corps humain, même si de fait il s’agit surtout d’une nouvelle fonction organique.(3)

Mais de mon coté j’avais pensé rattacher cette structure à … la Rate !

Vous conviendrez que c’est un résultat “diamétralement opposé”, au moins au sens de la relation midi-minuit qu’entretiennent ces deux organes/méridiens, mais je vais développer ici quelques arguments dans ce sens en rappelant ce qu’est l’Interstitium, ses propriétés, ainsi qu’en faisant un parallèle avec la description fonctionnelle et symptomatique de la Rate selon la MTC.

En particulier, ce progrès dans la connaissance de l’anatomie des tissus interstitiels est l’occasion de revenir sur le rôle quelque peu obscur de la Rate dans la Voie des Eaux.

L’Interstitium

Il est inutile de refaire ici une complète description de l’Interstitium et des découvertes récentes à son sujet, car tout est dit dans l’article du MTC Mag de décembre, auquel je conseille de vous reporter.

Mais nous pouvons retenir ceci : anatomiquement, il s’agit d’un tissu de conjonction connu jusque là sous le terme assez vague de “tissu interstitiel” ou “espace interstitiel”. On considérait jusque là qu’il s’agissait d’une sorte d’enveloppe de collagène résistante et relativement étanche. Il tapisserait tout les organes du corps tant sa présence a été repérée en de nombreux endroits : organes et conduits digestifs et pulmonaires, stroma des artères, veines, fascias et derme. En ce sens ce serait le plus vaste organe du corps, plus vaste encore que la peau.

Les études récentes montrent qu’il s’agit en fait d’une structure sous-muqueuse constituée d’espaces en forme d’alvéoles polygonales remplis de fluides délimités par des faisceaux de collagène d’une part, et bordées des cellules plates d’un genre spécial d’autre part.

Physiologiquement les recherches récentes ont mis en évidence une circulation de liquide lymphatique dans ces alvéoles sous-muqueuses. Il a été observé que cette circulation permet le passage de protéines, mais aussi de macrophages, d’agents pathogènes, et dans les cas de cancer, de cellules métastatiques. Pour cette raison l’Interstitium est donc qualifié de “pré-lymphatique” . Il n’a rien d’étanche, bien au contraire c’est une voie de circulation.

Pour le dire autrement, le tissu interstitiel n’avait jamais été étudié avec la finesse suffisante pour en comprendre l’anatomie et la physiologie. Il fallait bien pourtant expliquer comment les cellules du derme et des muqueuses sont nourries, drainées et comment circule la lymphe.

L’Interstitium serait le chaînon manquant du système nourricier et lymphatique : les artères, artérioles et capillaires amènent le sang à la sous-muqueuse. L’espace interstitiel forme un milieu liquidien permettant les échanges avec les cellules. Puis les vaisseaux lymphatiques drainent les liquides vers les ganglions puis le système veineux.

Le Triple Réchauffeur

L’article relate que les auteurs de la publication ont émis l’hypothèse de l’Interstitium comme support anatomique du Triple Réchauffeur.
Est-ce défendable ?
Il existe bien une ressemblance avec le TR qui est qualifié de plus vaste des entrailles creuse (Fu) , qui entoure tout les organes pleins (Zang). Il est dit également dans les Questions Simples que le TR “contrôle les canalisations et dirige les liquides dans la Voie des Eaux”.
Cependant toutes les fonctions du TR sont associées en premier lieu au Qi.
Il “contrôle toutes les formes de Qi” : le Qi complexe du foyer supérieur (Zong Qi) , le Qi nourricier (Ying Qi) du foyer médian, et le Qi protecteur (Wei Qi) du foyer inférieur et diffusé à la peau.
Il “mobilise le Qi originel” (Yuan qi) pour transformer le Qi complexe (Zong Qi) en Qi véritable (Zhen Qi).

Quand aux “canalisations et aux liquides”, il s’agit de ceux de la Voie des Eaux. Autrement dit de la circulation de la nourritures dans le système digestif , le tri et la distribution des énergies qui en sont issues, et non pas exclusivement des liquides interstitiels.

On rattache le TR au feu de la Terre, tout comme le Maître du Coeur, et non pas à la Terre.

Il est donc raisonnable d’en revenir à l’idée communément admise que le TR est anatomiquement et physiologiquement lié au système nerveux parasympathique. Le nerf vague, principale structure du système parasympathique correspond bien à une fonction disséminée qui régule toute la Voie des Eaux, et cela peut expliquer que le TR est décrit soit avec une forme dans les Questions Simples, soit sans forme dans le Classsique des Difficultés.

On peut se convaincre de cette interprétation en étudiant la symptomatologie du TR : instabilité thermique, hypervigilance, nervosité, bourdonnements d’oreille, grincements de dents, tensions musculaires en particulier le long du méridien, insomnie en début de nuit, perte d’appétit, digestion lente et difficile, en bref des signes de dérèglement du système nerveux autonome.
Au contraire stimuler le TR provoque le sommeil en début de nuit, ouvre l’appétit, relance le péristaltisme digestif, relance le système immunitaire, provoque la mise en route des fonctions de régénération de l’organisme, toutes fonctions clairement reliées au système nerveux parasympathique.

La Rate en Médecine Chinoise

Pour rapprocher l’Interstitium de la Rate il est nécessaire de préciser, parmi les différentes fonctions de la Rate , celle à laquelle nous pensons. La Rate en MTC recouvre plusieurs niveaux de fonction, qui peuvent être mis en relation avec l’anatomie et la physiologie telles que l’entend la Médecine Occidentale.

La Rate en tant qu’Organe a pour principale fonction de réguler la numération sanguine et en particulier le nombre de plaquettes, ce qui est décrit par l’aphorisme “la Rate retient le Sang dans les vaisseaux” . Une dysfonction à ce niveau (cela s’observe fréquemment à la suite d’un choc physique sur l’organe, tel une fissure de la rate) peut entraîner une mauvaise coagulation, des hématomes qui apparaissent sur tout le corps à la moindre occasion.

Le méridien de la Rate suit le trajet des ganglions inguinaux, mésentériques, axillaires, et si l’on prolonge le méridien, les ganglions du cou. Il est le recteur du drainage de la lymphe à travers les chaînes ganglionnaires. On peut penser que c’est une des raisons pour lesquelles “la Rate déteste l’humidité”, l’excès de celle-ci demandant un effort supplémentaire pour drainer les liquides organiques et résorber les oedèmes via les vaisseaux lymphatiques.

La Rate en fonction interne

Reste à décrire anatomiquement la Rate en fonction interne. C’est à ce niveau que l’analogie entre interstitium et Rate me semble valable si on la considère à la fois comme tissu lymphatique, réservoir des liquides, transporteur des métabolites, présent partout entre tous les muscles, les Organes et les Viscères.

La Rate gouverne les Jin et les Ye, autrement dit les liquides nourriciers et les liquides défensifs ou lubrifiants.
Selon Jacques-André Lavier, la Rate est liée au mésenchyme, c’est à dire le tissu embryonnaire duquel dérivent tous les tissus conjonctifs. On ne peut que faire la rapprochement avec la formule “La Rate est à l’origine de la naissance et du développement”.

L’Interstitium est le principal tissu conjonctif issu du mésenchyme. Si la Rate est analogue à l’Interstitium tel qu’il a été précisément décrit, c’est bien elle qui transporte la lymphe, l’eau du corps, à la fois nourricière et drainante. C’est l’océan primitif reconstitué, le substrat dans lequel toute la vie cellulaire s’épanouie. Pour prendre une image, c’est le milieu de culture des cellules que l’on fait croître in vitro en laboratoire. Comme si nos cellules étaient mises en culture dans un liquide nourricier. La Rate relève de l’élément Terre qui, humidifiée et réchauffée donne le milieu dans lequel se développe la vie.

La Rate en fonction interne “transporte de Qi dans les muscles, en particulier dans les 4 membres” et elle “fait monter le Qi Pur au Poumon pour qu’à l’aide du Coeur se forme le Qi correct”. Cela évoque la distribution du glucose aux cellules, ou il se combine à l’oxygène transporté par le sang pour produire l’énergie. Cela est particulièrement visible dans les muscles mais comme chacun sait “l’excès de réflexion épuise le Qi de la Rate”, ce qui s’expliquer au moins en partie par le fait le cerveau est le plus gros consommateur de glucose chez un humain au repos.

On doit aussi ajouter que c’est probablement le métabolisme du glucose qui explique le lien que fait la Tradition entre Rate et Pancréas au niveau de la voie des Eaux, ainsi que l’adage “le doux nourrie la Rate, en excès il la lèse”.

D’autre part “le Qi de la Rate mène l’impur vers le Foie et le Rein”, autrement dit les déchets métaboliques sont évacués vers ces organes, ce qui est le fait des vaisseaux et des citernes lymphatiques qui se joignent au circuit de retour veineux.

Enfin “la Rate maintient les organes”. Ce qui maintient les organes dans le corps ce ne sont pas seulement des ligaments et des masses graisseuses, c’est aussi l’eau contenue dans les espaces interstitiels qui, grâce à une pression suffisante, les mets en quelque sorte en flottaison. Nous pouvons donner l’image du ludion, ce petit gadget formé d’un bocal fermé, rempli d’eau dans lequel est placée une petite figurine qui tend à couler vers le fond, mais qui remonte dès que l’on exerce une pression sur le couvercle. L’effondrement du Qi de la Rate pourrait se traduire par des organes qui ne flottent plus dans les cavités viscérales du fait du manque de pression hydrostatique.

La Rate est logiquement facilement agressée par l’humidité externe (elle est avec le Poumon la régulatrice de l’Humidité).

L’équilibre hydrostatique dépend de la concentration en sels minéraux (le sel “retient l’eau” par effet d’osmose), et cela correspond à l’adage “l’excès de salé blesse la forme de la Rate”

Nous observons à travers l’aspect des lèvres “roses et humides” et de la langue “rose et ferme, qui ne porte pas l’empreinte des dents” l’état d’équilibre de la Rate.

La Rate dans la Voie des Eaux

Lorsque j’ai commencé à étudier la Médecine Traditionnelle Chinoise, il m’a été plus ou moins facile d’opérer des rapprochements entre les fonctions décrites par la MTC et l’anatomie-physiologie occidentale.
En particulier chaque organe décrit à la façon occidentale semblait trouver naturellement sa place dans la Voie des Eaux, mais je butais sur le rôle de la rate. Comment cette sorte de gros ganglions filtrant le sang pouvait-il “contrôler l’assimilation” dans tout le corps. Il s’agissait forcément de quelque chose d’autre. D’autant que vivre sans rate est possible.

Notons que dans cette interprétation le rôle de la Rate dans la Voie des Eaux prends enfin tout son sens. Anatomiquement, à la suite des organes du tube digestif, l’Interstitium/Rate est bien le transporteur du Qi de la nourriture pour qu’il se combine au Qi du foyer supérieur pour apporter le Qi vrai au coeur des cellules.
Cette analogie anatomique et fonctionnelle opère un rapprochement intéressant entre la symptomatologie de la Rate en MTC et la symptomatologie en Médecine Occidentale tels que ptôses d’organes. diabète de type 2, troubles liquidiens et lymphatique …

De même dans les horaires, l’enchaînement Foie, Poumon, Gros Intestin, Estomac semblait tout à fait logique dans l’évolution du métabolisme au cours d’une journée, mais la Rate à la suite de l’Estomac me posait question.
Et que signifiait l’expression “la Rate nourrit les muscles et gouverne la Chair”? Quel tissu pouvait-on appeller Chair, sachant qu’il ne s’agissait ni des muscles, ni de la peau , ni des os, ni des organes creux ou pleins…

Dans mes cours, la MTC décrivait la Rate comme un organe essentiel pour distribuer les nutriments issus du foyer médian (Estomac, Vesicule Biliaire, Pancréas, Intestin Grêle) dont l’énergie devenait disponible grâce à la respiration et à la circulation dans le foyer supérieur (Poumon et Coeur) avant élimination par les différents organes filtrants et exfiltrants du foyer inférieur (Foie, Rein, Vessie et Gros Intestin). Mais à quelle structure anatomique la rattacher ?
Il me semble que l’Interstitium, tel qu’il est décrit aujourd’hui avec précision et exactitude, remplit très exactement ce rôle : mettre en contact chaque cellule avec le sang qui rempli le double rôle de fournir les nutriments et de drainer les déchets métaboliques, réguler la quantité de liquide pré-lymphatique et lymphatique, faire circuler les éléments du système immunitaire etc …
Parce qu’il est également sous-muqueux, il distribue les liquides défensifs et lubrifiants.

En conclusion

Rapprocher les textes traditionnels de la MTC et l’anatomie-physiologie occidentale n’est pas chose aisée. Mais on ne peut qu’être agréablement surpris à chaque fois qu’une nouvelle découverte vient mettre en lumière la valeur des observation cliniques et des principes thérapeutiques de la MTC.

C’est le cas avec la publication en 2018 dans la revue Nature de l’observation, par de nouvelles méthodes de microscopie in vivo, du fonctionnement de l’Interstitium, tissu conjonctif interstitiel qui tapisse l’ensemble de muscles, organes, viscères, vaisseaux, muqueuses, et la peau …
Celui-ci n’est pas un simple tissu de maintien et de soutien.

Ce tissu formé d’alvéoles de collagène remplies de lymphe est décrit comme pré-lymphatique car il a la propriété de faire circuler de proche en proche les métabolites et les cellules de l’immunité depuis le sang jusqu’aux cellules.

Nous avons montré qu’il peut être analogiquement relié à la Rate dans sa fonction interne.

Bibliographie

(1) Article de l’équipe du Dr Neil Theise (Mount Sinai Hospital de New York) dans Scientific Report , cité dans Science et Avenir Août 2018.

(2) MTC Mag numéro 58 décembre 2018 auteur Anne Bénard

(3)Science et Avenir février 2019 “D’intrigants nouveaux organes”.

L’auteur

Etienne Lang est praticien en Energétique Traditionnelle Chinoise à Mont-Dauphin (Hautes-Alpes).
Il est également certifié en Psychosomatique Clinique et Humaniste.