Le covid long, ce serait « dans la tête » ?

On vous dit ou est la grossière erreur qui s’est glissée dans l’étude qui abouti à cette conclusion totalement à l’encontre de qui est observé au quotidien.

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Il s’agit au départ d’une enquête menée auprès de 27 000 adultes suivis pendant des mois par les autorités françaises de santé publique pour évaluer de multiples effets du Covid, et publiée au mois de novembre 2021.

On pouvait lire sur le site de France Info « L’étude suggère que, pour un patient, le fait de penser avoir contracté le Covid-19 est plus fortement associé à des symptômes prolongés plusieurs mois après avoir été exposé à la maladie, que le fait d’avoir eu un résultat positif à un test sérologique.

Autrement dit la majorité des malades interrogés associeraient à tort leurs symptômes actuels au fait d’avoir eu le covid. Seule une minorité aurait réellement un covid long, les autres lui attribueraient leur malaise, voir le renforcerait, par la croyance d’avoir été atteint du covid.

L’annonce des résultats de cette étude a eu l’effet d’une bombe sur ceux qui luttent chaque jour contre cette affection de longue durée et leurs soignants, au moment même ou le parlement s’apprête a voter une loi en facilitant la prise en charge.
L’association française de patients atteints de Covid long (AprèsJ20) a immédiatement réagit dans un tweet dénonçant des conclusions « stigmatisantes, dangereuses et nuisibles pour les Covid(s) long(s), d’autant qu’elles sont contestées et non reconnues par l’ensemble de la communauté scientifique et associative internationale ».

Jérôme Larché, médecin interniste, réanimateur et infectiologue a réagit sur France Info en dénonçant une « psychologisation dommageable au patient et à la dynamique que certains soignants tentent de mettre en place pour une meilleure prise en charge » du Covid long. « Les symptômes ont été confondus avec les croyances. Le terme « croyance » a été cité 44 fois dans l’étude, et quand on mentionne avec une telle récurrence ce terme dans un article, c’est qu’il existe un biais de confirmation, ce qui est assez dérangeant dans une étude médicale et scientifique. »

Cédric Lemogne, le psychiatre coordinateur de l’étude s’est immédiatement défendu en arguant que « nos résultats ne disent en aucun cas que les troubles rapportés par les patients sont imaginaires ou psychosomatiques. L’étude avait pour ambition de prévenir les soignants : ils reçoivent des patients qui pensent avoir eu le Covid mais qui ont en fait connu un autre épisode viral. Ces symptômes peuvent être liés à une autre maladie, et il faut être prudent avant de l’attribuer à un Covid long, car ce sont des symptômes très généraux ».

Il faisait remarquer que la perte de l’odorat était le seul symptôme durable qui serait associé à une infection réelle, prouvée par un test sérologique positif.

Au cours d’un débat sur France Culture le lundi 21 novembre ou il lui était reproché de s’appuyer sur des tests sérologique pour tirer ses conclusions, Cédric Lemogne a admit que « la sérologie est un moyen très imparfait de détecter si les personnes ont eu le virus, mais la probabilité d’avoir été en réalité exposé est de seulement de 0,5 % en cas de sérologie négative, et 60 % dans le cas d’une sérologie positive. Défendant une méthodologie qu’il juge irréprochable, il a montré que les données relevées aboutissent par un simple calcul à ce que les malades attribuant leurs symptômes au covid long étaient très peu nombreux à avoir été réellement infectés.

Et c’est là qu’est l’erreur ! D’où vient ce chiffre de 0,5 % ?

La professeur Dominique Salmon-Ceron qui lui faisait face avance au contraire qu’au moins 25 % des patients en covid long sont dans cette situation parce qu’ils ont produit peu ou pas d’anticorps ou que ceux-ci ont disparus rapidement, et donc ont une sérologie négative. Pour le dire autrement, le fait d’avoir une sérologie négative n’exclue en rien le fait d’être en covid long (de même que le fait de n’avoir jamais eu de test PCR ou antigénique positif). C’en serait même une cause possible, les malades se rétablissant correctement d’un covid aiguë ayant en effet plus d’une fois sur deux de nombreux anticorps.

Il est également faux de dire que les symptômes des patients sont « très généraux » ou peuvent être facilement attribués à une autre maladie virale. Mis ensemble ils forment le plus souvent un syndrome tout à fait original, jamais vu auparavant, et tout à fait typique.
Par exemple une personne qui dit souffrir depuis des mois de palpitations, respiration difficile, troubles digestifs, douleurs musculaires, bourdonnements d’oreille , insomnie, dépression, et d’une fatigue tenace disparaissant certains jours comme par miracle, fait très certainement un covid long, ce qui est généralement confirmé par le fait que les examens, cardiaques, pulmonaires et de biologie sanguine ne montrent par ailleurs rien d’anormal.

De ma propre expérience je conclue que le covid long est avant tout repérable par un ensemble de signes cliniques évocateurs qu’il faut savoir identifier. Les examens biologiques sont a eux seuls totalement insuffisants.

Dès le début nous savions que les tests PCR donnaient parfois des faux négatifs. Il en était de même pour les sérologies. Et les patients que je recevais avec ce genre de tableau clinique étrange étaient si nombreux que je me posais de nombreuses questions, jusqu’à ce que la notion de covid long soit mise à jour à l’automne 2020.
Au printemps 2021 une étude britannique annonçait déjà des dizaines de milliers de victimes de cette affection, 8 % d’entre eux au moins présentant une sérologie négative.
Cela était malheureusement bien en dessous de la réalité que l’on observe aujourd’hui.(potentiellement 700 000 personnes concernées en France)

Exemple : une de mes patiente a été malade, a eu une PCR positive puis est devenue négative, et maintenant sa sérologie est négative. Pourtant les symptômes typique du covid persistent, elle est donc en covid long malgré une sérologie négative.

Deuxième chose : certains symptômes sont liés à la persistance de l’infection à bas bruit, et d’autres sont des séquelles après guérison. Il faut savoir les différencier.

En médecine chinoise nous soignons le covid long avec le Reishi (ganoderma lucidum).
Les résultats sont excellents sur l’état infectieux, qui peut disparaître totalement en quelques semaines (arrêt des douleurs, de l’arythmie, de la respiration difficile, de l’insomnie, de l’épuisement, de la diarrhée …) mais ce que l’on observe également c’est qu’il n’y a naturellement aucun effet sur les séquelles telles que l’anosmie, les atteintes musculaires, neurologiques etc.
Ainsi il est facile de constater après coup ce qui relevait de l’infection chronique, ou au contraire de séquelles, voir même d’une autre pathologie à traiter séparément.

Cette étude pour le moins controversée à tout de même le mérite de mettre en relief la mauvaise connaissance de la dynamique de l’infection à coronavirus qui peut devenir durable chez plus de 15 % des personnes infectées, bien souvent de façon très discrète au début, et ceci même chez les enfants.

Faire connaître la possibilité de traitement par le Reishi (ou par d’autres champignons immunostimulants) serait également très bénéfique pour les milliers de personnes concernées.

Covid long et Reishi : la poignante demande des patients.

« Mais pourquoi ne m’a-t-on pas dit que je pouvais soigner mon covid long avec le Reishi ? Qui va faire savoir aux malades que c’est la chose à essayer ? »

Les personnes qui ont utilisé le Reishi avec succès ne se contentent pas du plaisir de se sentir mieux, elle souhaitent partager cette expérience avec générosité. Mais comment faire sortir cette information du bruit de fond médiatique ?

Elles ont accepté de répondre de façon détaillée à mes questions pour que j’écrive mes articles, mais aujourd’hui elles me disent qu’il faut aller plus loin, afin que plus aucune victime de covid long ne soit renvoyées chez elle sans avoir été informée de cette possibilité.
Je vous livre ici un témoignage tout à fait éloquent datant de septembre 2021. Il s’agit d’une personne âgée de 49 ans, sans antécédents notables pour expliquer son covid long hormis qu’elle fait partie de la tranche d’âge à risque.

« je vous remercie, grâce à vos conseils je vois enfin le bout du tunnel ».

« Lundi 13 septembre, après que je vous ai parlé de mon covid long, vous m’avez conseillé de prendre du Reishi. Je m’en suis procuré le jour même dans un magasin bio, et j’en ai pris une première gélule le soir même, et ensuite une le matin, une le soir. Les jours suivants je me suis sentie fiévreuse, avec des courbatures supplémentaires mais le mercredi il y a eu comme un changement, difficile à décrire. Le jeudi je me suis sentie mieux, moins fatiguée, sans la nausée. Le vendredi le mal de tête a cédé. Le week-end je me suis sentie capable de prendre la voiture et de rouler plusieurs heures. Ça ne m’était plus arrivé depuis le mois de juillet. Depuis je vais de mieux en mieux, je revis »

« Je suis tombée malade le 30 juillet. Au lieu de faire un covid d’une semaine comme je l’ai vu chez certains amis, j’ai été malade avec des symptômes qui s’accumulaient avec le temps : d’abord fièvre, courbatures, toux, puis ensuite problèmes digestifs, nausées, maux de tête, insomnie, douleurs articulaires, épuisement, vertiges, et j’en oublie. J’ai été mal tout le mois d’août, je suis retourné voir ma généraliste qui m’a dit de patienter avec du Doliprane, mais rien n’a changé et j’ai commencé à déprimer sérieusement.
Je suis encore retournée la voir fin août pour faire un bilan plus complet. J’ai croisé dans les couloir un autre médecin que je connaissais et qui m’a demandé comment j’allais. Je lui ai décrit ma situation et il m’a dit que c’était sûrement un covid long. Ma généraliste m’a commenté mon bilan biologique en me disant que sur le papier tout était normal, hormis la vitamine D un peu basse et le fer un peu trop haut. Elle m’a donné des suppléments en vitamine D et m’a conseillé encore une fois du Doliprane contre les maux de tête, bien que je lui ai dit que ça n’avait aucun effet.

Comme j’avais entendu dire que ça pouvait être important j’ai également pris du zinc, des oligo-élements Cuivre Or Argent, de la vitamine C. J’y ai vraiment cru mais ça n’a strictement rien changé.

Et je me suis encore entendu dire qu’il fallait que je sois patiente, que ce genre de chose durait des mois. J’ai compris que si nécessaire on me proposerait de la kiné et de la psychothérapie. »

« Je m’estime chanceuse d’avoir croisé ce médecin qui m’a permis de comprendre que j’avais un covid long, mais je ne comprend pas qu’on m’ait juste dit qu’il n’y avait rien à faire à part me reposer, prendre du Doliprane et peut-être faire de la kiné respiratoire et voir un psychologue. Comment se fait-il que personne avant vous ne m’ait dit d’essayer de prendre du Reishi ? Pourquoi les médecins ne connaissent pas ça ? Vous vous rendez-compte ? J’étais en train de devenir dingue avec ces nausées, ce mal de tête, cette fatigue insupportable, et sans savoir ce que j’allais devenir. Et les autres malades comme moi, comment vont-ils savoir que ça existe et que ça peut marcher ? Qui va leur dire ? Pouvez-vous en parler à des médecins ? »

Une demande qui m’a vraiment fait ressentir le poids de la responsabilité.

Je partage totalement ce sentiment de devoir faire connaître cette possibilité de soin et c’est pourquoi j’écris ces articles. Pour rappel c’est en janvier 2021 que j’ai découvert un peu par hasard que les vertus immunostimulantes du Reishi, utiles dans le cas de certaines maladies chroniques, s’étendaient au cas du covid long.

J’en ai conseillé à plusieurs personnes, ce qui m’a fourni quelques cas bien documentés. Depuis j’ai publié sur mon blog quatre articles, et un article spécifique dans la revue de la Fédération Nationale de Médecine Traditionnelle Chinoise dans un but d’information. Ce nouveau témoignage arrive pour dire qu’il est temps de faire savoir à tous que le Reishi doit être essayé.

J’ai commencé à en parler à des médecins de mon entourage. Après tout ils sont parfaitement habilités à conseiller des compléments alimentaires, et sont les plus à même à en contrôler les effets. Ils m’ont confirmé que faire remonter ce genre d’information n’avait rien de facile, mais que je pouvais compter sur leur soutien.

A quand un interne rédigeant sa thèse de fin d’étude sur ce sujet ? Ce serait formidable. Et si cela ça pouvait tomber dans l’oreille des chercheurs ?

Vous qui lisez ceci, peut-être pourrez vous relayer cet appel des personnes qui en ont fait l’expérience :
« Les médecins doivent le savoir, le Reishi ça marche, c’est à essayer en cas de covid long ».

Covid long : activité virale ou séquelles ?

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Depuis que j’ai établi la bonne efficacité sur le covid long du champignon immunostimulant ganoderma lucidum (ou reishi), un certain nombre de personnes l’on essayé avec de bons résultats, mais parfois avec des résultats décevants. En cause, la confusion entre ce qui relève de la persistance de l’infection au coronavirus sensible à l’action du ganoderme, et ce qui relève des séquelles sur le long terme, sur lesquelles il est sans effet. Avec le recul, j’ai pu constater qu’il est souvent possible de discerner les deux , et donc de prévoir si le ganoderme sera efficace.

Les divers formes du covid long.

Le coronavirus peut atteindre de nombreuses cibles dans l’organisme.
Pas loin d’une centaine de signes et symptômes ont été décrits dans les formes persistantes de l’infection, provoquant une intense fatigue, un état dépressif, des troubles digestifs, cardio-respiratoires, musculaires, de nombreux autres signes atypiques, avec une évolution en dent de scie.
Concernant les séquelles post-covid, il en existe également des dizaines de formes selon les tissus atteints, principalement d’ordre neurologiques (typiquement la perte de goût et d’odorat) et musculaires, parfois aussi vasculaires, dont l’expression décroît généralement de façon linéaire dans le temps.

Evolution de la prévalence.

Sous sa forme classique, le covid long touche essentiellement les 40 et 50 ans.
Au moment ou j’écris ces lignes (août 2021) bon nombre de ces personnes sont protégées par leur immunité, acquise lors d’une première infection, ou par la vaccination. Il peut toutefois leur arriver d’être réinfectées par un variant ou du fait de la perte progressive de la mémoire immunitaire, mais dans ce cas la probabilité d’un covid long est très faible. On voit donc beaucoup moins de covid long dans ces tranches d’âge aujourd’hui.


Les plus jeunes n’ont eu accès à la vaccination que très récemment, ce qui explique qu’ils soient les plus atteints par la pandémie en ce moment. Selon les études statistiques, ils vivent l’infection à coronavirus différemment, le plus souvent de façon peu ou pas symptomatique.
Mais il existe un pourcentage de cas de formes graves, dont certaines peuvent se prolonger dans le temps. Il semble qu’il s’agisse le plus souvent de séquelles durables, bien moins souvent de la persistance d’un état infectieux.


Chez les adolescents on constate parfois une hyper-réactivité du système immunitaire, qui est l’origine du syndrome PIMS (syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique ). Cliniquement proche de la maladie de Kawasaki, cet état inflammatoire très invalidant persiste pendants des mois.


L’infection par le coronavirus est donc à l’origine de formes longues de la maladie, en rapport le plus souvent avec l’âge du sujet, et qui peuvent être toutes dénommées « covid long » alors qu’il s’agit de situations différentes qui méritent d’être prises en charge de façon distinct.


Voyons comment cela se traduit sur le plan clinique, tel que j’ai pu l’observer.

Cas d’un jeune de 16 ans, pratiquant le sport à haut niveau.

Grosse fièvre, test covid positif, puis douleurs musculaires et fatigue intense.
Testé négatif par la suite, les symptômes ont perduré, associées à des marqueurs biologiques inflammatoires très nets. Le diagnostique de PIMS à été posé.
En dehors d’une prise en charge médicale classique, il lui a été demandé de respecter un repos strict pendant plusieurs mois, et donc de cesser tout entraînement même léger, afin de ne pas aggraver la situation inflammatoire.
Conclusion : dans cette situation la prise de reishi est inutile, elle sera sans effet.

Cas d’une éducatrice sportive de 38 ans, en arrêt de travail pour covid.

Test redevenu négatif mais peine à reprendre le travail : essoufflée, jambes sans force, des douleurs aux yeux, une toux pénible et douloureuse (prise en charge médicalement).
Prend du reishi / ganoderme, mais aucune réaction immunitaire, aucun changement, à part un peu moins de fatigue. Le repos pendant une semaine de vacances n’accélère pas la guérison.
Ce n’est qu’au fil des semaines suivantes qu’elle constate fort heureusement que la faiblesse musculaire cède progressivement, que la sensation de fatigue s’estompe peu à peu.
Conclusion : il apparaît finalement qu’il ne s’agissait pas d’un covid long infectieux, mais bien de séquelles neurologiques et musculaires.

Cas d’un homme de 34 ans. Travail intense en extérieur.

Il a été en arrêt pour covid. Re-testé négatif il a pourtant été affecté par des symptômes persistants : troubles digestifs ( selles jaunes ), fatigue intense, aggravée par période, douleur musculaire et articulaires.
La prise de reishi n’a pas provoqué d’aggravation notable ni de fièvre, mais a eu rapidement un effet bénéfique sur la fonction digestive avec une reprise d’énergie et de poids.
Par contre il reste les douleurs musculaire et articulaires, et la fatigue.
L’amélioration de ces symptôme est lente.
Conclusion : il s’agissait d’une forme combinée. D’une part un covid long infectieux affectant le système digestif et d’autre part des séquelles musculaires.

A noter : séquelles musculaires et activité physique

J’ai pu remarquer que les séquelles musculaires étaient le plus souvent le fait de personnes sportives, à l’activité physique régulière. En particulier, les coureurs à pieds ont ressenti une forte perte de force dans les muscles des jambes et du bassin seulement. Il me semble que ces séquelles pourraient provenir d’une activité physique intense pendant la phase d’infection au coronavirus. Plusieurs spécialistes ont émis l’hypothèse que le coronavirus provoquerait un dysfonctionnement des mitochondries aboutissant à l’asphyxie des cellules. Un effort intense dans ces conditions pourrait donc conduire à des séquelles affectant spécifiquement les muscles les plus sollicités.
Si cette observation est fondée, alors il est important de penser à se reposer et d’éviter d’aller à l’entrainement s’il y a suspicion de covid en cours.

En résumé, le reishi est efficace sur le covid long infectieux mais ne l’est pas sur les séquelles neurologiques et musculaires ni sur le syndrome inflammatoire pédiatrique.

Il est difficile, face aux nombreuses formes que peuvent prendre les suites d’une infection au coronavirus, de discerner à quelle situation on a affaire. Cependant des indices permettent d’établir l’hypothèse la plus probable :

Situation inflammatoire chez l’enfant ou l’adolescent de type PIMS , objectivée par les marqueurs sanguins de l’inflammation : reishi sans effet.

Perte d’odorat, troubles visuels, brouillard mental, perte de mémoire et de concentration, fatigue musculaire, pas amélioré à l’activité modérée, sans effet de répit certains jours mais plutôt avec une amélioration lente et progressive de jour en jour. Prise de reishi sans effet.

Intense fatigue, état dépressif, troubles digestifs e/ou cardio-respiratoires et/ou musculaires, de nombreux autres signes atypiques, avec une évolution en dent de scie (notamment des journées de répit inexplicables).
Le reishi est efficace.

Comme nous l’avons vu dans un des cas cliniques, il existe des situations mixtes séquelles/ infection persistante. La partie infection persistante répond à la prise de reishi.

Compte tenu de la bonne tolérance généralement observée, dans le doute sur le type de covid long, la prise de reishi est tout de même à envisager.

Covid long : en sortir avec le Reishi ?

Fatigue intense, troubles cardio-respiratoires, insomnie, perte de moral, entrecoupés de courts moments de répit, font partie des signes de l’infection persistante au coronavirus. Cette situation invalidante peut durer des mois.
Le Reishi, un champignon adaptogène de la pharmacopée chinoise et japonaise pourrait changer la donne.
Nous montrons ici deux exemples de son utilisation.

Reconnaître le covid long.
Lorsqu’il fait suite a un épisode de covid aiguë diagnostiqué à travers des tests positifs et des signes cliniques évidents (perte d’odorat par exemple), le covid long est avéré et fait l’objet d’un suivi médical, assorti parfois d’une aide en psychothérapie et en kiné respiratoire sur plusieurs mois.
Le covid long est plus difficile à identifier lorsqu’il fait suite à une première infection quasi asymptomatique, non objectivée par des tests antigéniques ou PCR. Parfois même la sérologie est négative, montrant l’absence de réaction spécifique au covid 19 (des chercheurs font l’hypothèse d’une réaction croisée avec d’autres virus contre lesquels le patients seraient déjà immunisé). S’il n’y a pas de perte d’odorat, seul symptôme très explicite, le médecin doit alors se concentrer sur un ensemble de signes cliniques formant un syndrome atypique mais somme toute cohérent.
Les symptômes les plus invalidants sont :
intense fatigue, courbatures (allant de la raideur générale jusqu’à des douleurs articulaires invalidantes), sensation de respiration difficile (comme s’il fallait « tirer » sur la respiration), troubles du rythme cardiaque (palpitations ou extrasystoles) et désadaptation à l’effort, douleurs thoraciques (faisant penser à un problème cardiaque), insomnie (en particulier en fin de nuit), perte d’enthousiasme et irritabilité (sensation d’avoir pris « un coup de vieux », démotivation générale, idées noires), troubles de la concentration ou de la mémoire.
Ils sont accompagnés de tout ou partie des symptômes suivants : maux de tête récurrents, gorge prise (voix rauque, toux , glaires), sensation de gène à l’estomac, bourdonnements d’oreilles, selles molles ou diarrhées, légère fièvre et instabilité thermique, perte de goût et d’odorat, sécheresse des yeux…

Attention : ces symptômes peuvent induire une confusion avec d’autres pathologies, ou masquer d’autres pathologies. Il est indispensable de voir un médecin qui fera un bilan et établira un diagnostic. (1)
Il existe une particularité qui renforce la présomption de covid long : certains jours on se réveille en forme, la plupart des signes ayants disparus comme par miracle. Mais cela ne dure pas plus de deux ou trois jours et l’enfer recommence.


Quel est ce champignon qui pourrait agir sur le covid long ?

Le Reishi (ganoderma lucidum) est l’un des « trois trésors de longévité » de la Médecine Traditionnelle Chinoise avec le ginseng et le cordyceps. On en trouve déjà mention sous son nom chinois de Ling Shi dans le Shen Nong Bencao Jing ( le « Classique de la matière médicale du Laboureur Céleste ») considéré comme le plus ancien ouvrage de pharmacopée chinoise, attribué à l’empereur mythique Shen Nong qui l’aurait rédigé 2800 ans avant notre ère.
Très précieux parce que poussant lentement à l’état sauvage sur certains arbres et dans des conditions particulières , il a commencé à être cultivé dans les années soixante-dix et est devenu depuis tout à fait abordable.
Il est habituellement commercialisé comme complément alimentaire adaptogène pour lutter contre la fatigue chronique. Il est remarquablement dénué d’effets secondaires, de la même manière que le Shiitaké (aux propriétés proches) qui est encore plus populaire car utilisé couramment en cuisine.
Le Reishi est réputé pour son action contre différentes infections chroniques, que ce soit pour venir à bout du HPV (papillomavirus), réduire la récurrence des poussées d’herpès, réduire la charge virale dans les cas d’hépatites, lutter contre la maladie de Lyme (Borréliose)…
Son action semble être liée à ses propriétés anti-oxydantes et antivirales, mais surtout à sa capacité à rééquilibrer le système immunitaire dans ses fonctions non spécifiques (cellules NK, destruction des virus circulants ) et dans le sens d’une meilleure immunité « cellulaire ». Ce nom renvoie à la capacité de détruire les réservoirs de virus que forment les cellules infectées par les lymphocytes Tcd8+. Elle vient compléter l’action de l’immunité « humorale », c’est à dire basée sur la production d’anticorps spécifiques, celle qui est directement ciblée par le processus de la vaccination et que l’on évalue par une sérologie.
C’est l’action de ces deux réponses immunitaires, issues de deux lignées distinctes de lymphocytes Tcd4+, les Th1 et les Th2, qui permettrait l’éradication du virus.
Une mauvaise réponse de cette immunité serait à l’origine du covid long dans la tranche d’âge des 40/50 ans, et des formes retardées sévères chez les plus âgés. (2)
Dès le début de la pandémie des chercheurs se posaient la question de l’utilisation du Reishi (3), nous allons voir que l’expérience clinique leurs donne raison.

Exemples cliniques :

Une infirmière de cinquante ans a été malade du coronavirus en octobre 2020. Mais sa période de convalescence s’est prolongée, jusqu’à ce qu’elle soit déclarée en covid long. C’est une situation qui la force régulièrement à des arrêts de travail. Début janvier elle commence à prendre du Reishi matin et soir. Au bout de vingt-quatre heures elle voit ressurgir les symptômes typiques du début de sa maladie – glaires et toux- et s’aggraver les courbatures, les maux de tête, les douleurs et gènes thoracique… Puis au bout d’une semaine elle ressent une amélioration progressive et durable, elle dors bien, n’a plus de courbatures, respire normalement. Au bout de quinze jours elle reprend une vie normale. Cette amélioration s’est confirmée dans les semaines suivantes.

Cet autre cas est un peu plus complexe :
Un homme de 57 ans dors mal depuis plusieurs semaines, il se sent harassé de courbatures, déprimé, et soupçonne un problème cardiaque du fait de sa respiration difficile, de douleurs thoraciques, de palpitations. Mais des examens cardiaques ne montrent rien d’anormal. On le renvoie alors à une problématique de mal de dos éventuellement psychosomatique.
Cependant il est intrigué par le fait que certains jours seulement, de façon totalement aléatoire, il se sent en forme et sans aucun symptômes. D’autres manifestations sont curieuses : troubles du transit, acouphènes, engelures… Il se souvient avoir vécu deux mois auparavant deux jours de fatigue avec un léger mal de gorge qui pourraient bien correspondre à un premier contact avec le coronavirus. Une consultation en médecine générale conclut à la possibilité d’un covid long mais le résultat de la sérologie est négatif. Sans certitude il commence à prendre du Reishi. Dès le lendemain tous les symptômes sont aggravés et s’y ajoutent des ganglions au cou, un enrouement avec des glaires, un état fébrile avec des maux de tête, une lombalgie, des maux d’estomac.
Après cinq jours éprouvants, la fatigue et les douleurs thoraciques cèdent, puis la respiration redevient aisée, le rythme cardiaque et la fonction digestive se normalisent. Au bout de deux semaines il a repris une vie normale.
Il lui reste une légère gène à la gorge, ce qui indique que le combat n’est pas terminé et le motive a continuer la prise de Reishi.


Se procurer et utiliser le Reishi :

c’est aujourd’hui un produit courant en magasin diététique ou en pharmacie, disponible principalement sous forme de gélules de poudre de champignon déshydratée. De nombreux sites de vente en ligne en proposent, directement chez des producteurs ou via un revendeur, de toutes les qualités et de toutes les provenances, et surtout à tous les prix.
Il est de simple bon sens de privilégier une production française ou européenne, certifiée bio, à un prix comparable à celui d’autres compléments alimentaires d’usage courant.
Il n’existe pas de recommandations précises sur le dosage, mais on peut retenir qu’une bonne efficacité est remarquée avec environ 500mg (soit entre une et deux gélules) matin et soir pour un adulte.

Il existe quelques mises en garde : il serait déconseillé aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes suivant un traitement anticoagulant, et aux personnes allant subir une intervention chirurgicale.

On aurait relevé de rares et passagers effets secondaires : des démangeaisons, des saignements de nez, des diarrhées et une sécheresse au niveau de la bouche, de la gorge et du nez.
Dans tous les cas il est bon de dialoguer avec son médecin lorsque l’on utilise des compléments alimentaires pour d’éventuelles contre-indications.

En conclusion, le Reishi semble bien agir en relançant la fonction immunitaire des personnes restées bloquées dans une situation d’infection chronique au coronavirus.

S’il est indispensable de se faire suivre par un médecin afin de bénéficier d’un diagnostique et d’un suivi sérieux, l’efficacité du Reishi observée chez plusieurs personnes, son usage simple et son prix modique en font un traitement de choix.
Il est synonyme d’espoir pour toutes les personne formellement déclarée en covid long ou simplement suspectée de cette problématique (4).

(1) Fiche covid long de la Haute Autorité de Santé : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3237458/fr/covid-19-diagnostiquer-et-prendre-en-charge-les-adultes-presentant-des-symptomes-prolonges

(2) Etude moderbacher 2020 immunité et covid 19 :
https://www.cell.com/cell/pdf/S0092-8674(20)31235-6.pdf?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867420312356%3Fshowall%3Dtrue

(3) Une page très documentée à propos des propriétés du Reishi :
https://selfhacked.com/blog/can-reishi-fight-coronavirus-covid-19/#comment-129750

(4) Pour connaître les symptômes et la prise en charge classique : https://www.santemagazine.fr/videos/sante/poumons/covid-long-je-souffre-dune-forme-longue-de-covid-19-le-temoignage-de-gregory-sequelles-prise-en-chage-876227

L’interstitium

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L’Interstitium, et si c’était la Rate ? (Article publié dans le MTC Mag numéro 61 octobre 2019)

Au cours de l’année 2018, une équipe de chercheurs annonçait avoir identifié une nouvelle fonction anatomique dans le tissu interstitiel humain.
Celui-ci, dénommé Interstitium, est une structure jusque là mal connue dont les propriétés et la physiologie ont été précisés dans une publication de la revue Nature (1)
De plus son étendue dans le corps a été réévaluée, on retrouve des cellules de l’Interstitium autour de la plupart des organes, des vaisseaux et dans le derme, ce qui en ferait la structure anatomique la plus vaste du corps. Certains ont même parlé de la découverte d’un nouvel organe.

Cette découverte avait fait l’objet d’un article la revue MTC Mag (décembre 2018)(2). Après avoir décrit en détail cette découverte scientifique, l’article rapportait que selon leurs auteurs ce tissu interstitiel diffus dans tout le corps pouvait peut-être expliquer le fonctionnement de l’acupuncture, ou encore représenter la base anatomique d’une fonction dont la localisation est ambiguë dans les textes canoniques de la MTC : le Triple Réchauffeur.

Pour ma part j’avais également été interpellé par l’annonce de cette découverte, car ce n’est pas tout les jours que l’on décrit littéralement un “nouvel organe” dans le corps humain, même si de fait il s’agit surtout d’une nouvelle fonction organique.(3)

Mais de mon coté j’avais pensé rattacher cette structure à … la Rate !

Vous conviendrez que c’est un résultat “diamétralement opposé”, au moins au sens de la relation midi-minuit qu’entretiennent ces deux organes/méridiens, mais je vais développer ici quelques arguments dans ce sens en rappelant ce qu’est l’Interstitium, ses propriétés, ainsi qu’en faisant un parallèle avec la description fonctionnelle et symptomatique de la Rate selon la MTC.

En particulier, ce progrès dans la connaissance de l’anatomie des tissus interstitiels est l’occasion de revenir sur le rôle quelque peu obscur de la Rate dans la Voie des Eaux.

L’Interstitium

Il est inutile de refaire ici une complète description de l’Interstitium et des découvertes récentes à son sujet, car tout est dit dans l’article du MTC Mag de décembre, auquel je conseille de vous reporter.

Mais nous pouvons retenir ceci : anatomiquement, il s’agit d’un tissu de conjonction connu jusque là sous le terme assez vague de “tissu interstitiel” ou “espace interstitiel”. On considérait jusque là qu’il s’agissait d’une sorte d’enveloppe de collagène résistante et relativement étanche. Il tapisserait tout les organes du corps tant sa présence a été repérée en de nombreux endroits : organes et conduits digestifs et pulmonaires, stroma des artères, veines, fascias et derme. En ce sens ce serait le plus vaste organe du corps, plus vaste encore que la peau.

Les études récentes montrent qu’il s’agit en fait d’une structure sous-muqueuse constituée d’espaces en forme d’alvéoles polygonales remplis de fluides délimités par des faisceaux de collagène d’une part, et bordées des cellules plates d’un genre spécial d’autre part.

Physiologiquement les recherches récentes ont mis en évidence une circulation de liquide lymphatique dans ces alvéoles sous-muqueuses. Il a été observé que cette circulation permet le passage de protéines, mais aussi de macrophages, d’agents pathogènes, et dans les cas de cancer, de cellules métastatiques. Pour cette raison l’Interstitium est donc qualifié de “pré-lymphatique” . Il n’a rien d’étanche, bien au contraire c’est une voie de circulation.

Pour le dire autrement, le tissu interstitiel n’avait jamais été étudié avec la finesse suffisante pour en comprendre l’anatomie et la physiologie. Il fallait bien pourtant expliquer comment les cellules du derme et des muqueuses sont nourries, drainées et comment circule la lymphe.

L’Interstitium serait le chaînon manquant du système nourricier et lymphatique : les artères, artérioles et capillaires amènent le sang à la sous-muqueuse. L’espace interstitiel forme un milieu liquidien permettant les échanges avec les cellules. Puis les vaisseaux lymphatiques drainent les liquides vers les ganglions puis le système veineux.

Le Triple Réchauffeur

L’article relate que les auteurs de la publication ont émis l’hypothèse de l’Interstitium comme support anatomique du Triple Réchauffeur.
Est-ce défendable ?
Il existe bien une ressemblance avec le TR qui est qualifié de plus vaste des entrailles creuse (Fu) , qui entoure tout les organes pleins (Zang). Il est dit également dans les Questions Simples que le TR “contrôle les canalisations et dirige les liquides dans la Voie des Eaux”.
Cependant toutes les fonctions du TR sont associées en premier lieu au Qi.
Il “contrôle toutes les formes de Qi” : le Qi complexe du foyer supérieur (Zong Qi) , le Qi nourricier (Ying Qi) du foyer médian, et le Qi protecteur (Wei Qi) du foyer inférieur et diffusé à la peau.
Il “mobilise le Qi originel” (Yuan qi) pour transformer le Qi complexe (Zong Qi) en Qi véritable (Zhen Qi).

Quand aux “canalisations et aux liquides”, il s’agit de ceux de la Voie des Eaux. Autrement dit de la circulation de la nourritures dans le système digestif , le tri et la distribution des énergies qui en sont issues, et non pas exclusivement des liquides interstitiels.

On rattache le TR au feu de la Terre, tout comme le Maître du Coeur, et non pas à la Terre.

Il est donc raisonnable d’en revenir à l’idée communément admise que le TR est anatomiquement et physiologiquement lié au système nerveux parasympathique. Le nerf vague, principale structure du système parasympathique correspond bien à une fonction disséminée qui régule toute la Voie des Eaux, et cela peut expliquer que le TR est décrit soit avec une forme dans les Questions Simples, soit sans forme dans le Classsique des Difficultés.

On peut se convaincre de cette interprétation en étudiant la symptomatologie du TR : instabilité thermique, hypervigilance, nervosité, bourdonnements d’oreille, grincements de dents, tensions musculaires en particulier le long du méridien, insomnie en début de nuit, perte d’appétit, digestion lente et difficile, en bref des signes de dérèglement du système nerveux autonome.
Au contraire stimuler le TR provoque le sommeil en début de nuit, ouvre l’appétit, relance le péristaltisme digestif, relance le système immunitaire, provoque la mise en route des fonctions de régénération de l’organisme, toutes fonctions clairement reliées au système nerveux parasympathique.

La Rate en Médecine Chinoise

Pour rapprocher l’Interstitium de la Rate il est nécessaire de préciser, parmi les différentes fonctions de la Rate , celle à laquelle nous pensons. La Rate en MTC recouvre plusieurs niveaux de fonction, qui peuvent être mis en relation avec l’anatomie et la physiologie telles que l’entend la Médecine Occidentale.

La Rate en tant qu’Organe a pour principale fonction de réguler la numération sanguine et en particulier le nombre de plaquettes, ce qui est décrit par l’aphorisme “la Rate retient le Sang dans les vaisseaux” . Une dysfonction à ce niveau (cela s’observe fréquemment à la suite d’un choc physique sur l’organe, tel une fissure de la rate) peut entraîner une mauvaise coagulation, des hématomes qui apparaissent sur tout le corps à la moindre occasion.

Le méridien de la Rate suit le trajet des ganglions inguinaux, mésentériques, axillaires, et si l’on prolonge le méridien, les ganglions du cou. Il est le recteur du drainage de la lymphe à travers les chaînes ganglionnaires. On peut penser que c’est une des raisons pour lesquelles “la Rate déteste l’humidité”, l’excès de celle-ci demandant un effort supplémentaire pour drainer les liquides organiques et résorber les oedèmes via les vaisseaux lymphatiques.

La Rate en fonction interne

Reste à décrire anatomiquement la Rate en fonction interne. C’est à ce niveau que l’analogie entre interstitium et Rate me semble valable si on la considère à la fois comme tissu lymphatique, réservoir des liquides, transporteur des métabolites, présent partout entre tous les muscles, les Organes et les Viscères.

La Rate gouverne les Jin et les Ye, autrement dit les liquides nourriciers et les liquides défensifs ou lubrifiants.
Selon Jacques-André Lavier, la Rate est liée au mésenchyme, c’est à dire le tissu embryonnaire duquel dérivent tous les tissus conjonctifs. On ne peut que faire la rapprochement avec la formule “La Rate est à l’origine de la naissance et du développement”.

L’Interstitium est le principal tissu conjonctif issu du mésenchyme. Si la Rate est analogue à l’Interstitium tel qu’il a été précisément décrit, c’est bien elle qui transporte la lymphe, l’eau du corps, à la fois nourricière et drainante. C’est l’océan primitif reconstitué, le substrat dans lequel toute la vie cellulaire s’épanouie. Pour prendre une image, c’est le milieu de culture des cellules que l’on fait croître in vitro en laboratoire. Comme si nos cellules étaient mises en culture dans un liquide nourricier. La Rate relève de l’élément Terre qui, humidifiée et réchauffée donne le milieu dans lequel se développe la vie.

La Rate en fonction interne “transporte de Qi dans les muscles, en particulier dans les 4 membres” et elle “fait monter le Qi Pur au Poumon pour qu’à l’aide du Coeur se forme le Qi correct”. Cela évoque la distribution du glucose aux cellules, ou il se combine à l’oxygène transporté par le sang pour produire l’énergie. Cela est particulièrement visible dans les muscles mais comme chacun sait “l’excès de réflexion épuise le Qi de la Rate”, ce qui s’expliquer au moins en partie par le fait le cerveau est le plus gros consommateur de glucose chez un humain au repos.

On doit aussi ajouter que c’est probablement le métabolisme du glucose qui explique le lien que fait la Tradition entre Rate et Pancréas au niveau de la voie des Eaux, ainsi que l’adage “le doux nourrie la Rate, en excès il la lèse”.

D’autre part “le Qi de la Rate mène l’impur vers le Foie et le Rein”, autrement dit les déchets métaboliques sont évacués vers ces organes, ce qui est le fait des vaisseaux et des citernes lymphatiques qui se joignent au circuit de retour veineux.

Enfin “la Rate maintient les organes”. Ce qui maintient les organes dans le corps ce ne sont pas seulement des ligaments et des masses graisseuses, c’est aussi l’eau contenue dans les espaces interstitiels qui, grâce à une pression suffisante, les mets en quelque sorte en flottaison. Nous pouvons donner l’image du ludion, ce petit gadget formé d’un bocal fermé, rempli d’eau dans lequel est placée une petite figurine qui tend à couler vers le fond, mais qui remonte dès que l’on exerce une pression sur le couvercle. L’effondrement du Qi de la Rate pourrait se traduire par des organes qui ne flottent plus dans les cavités viscérales du fait du manque de pression hydrostatique.

La Rate est logiquement facilement agressée par l’humidité externe (elle est avec le Poumon la régulatrice de l’Humidité).

L’équilibre hydrostatique dépend de la concentration en sels minéraux (le sel “retient l’eau” par effet d’osmose), et cela correspond à l’adage “l’excès de salé blesse la forme de la Rate”

Nous observons à travers l’aspect des lèvres “roses et humides” et de la langue “rose et ferme, qui ne porte pas l’empreinte des dents” l’état d’équilibre de la Rate.

La Rate dans la Voie des Eaux

Lorsque j’ai commencé à étudier la Médecine Traditionnelle Chinoise, il m’a été plus ou moins facile d’opérer des rapprochements entre les fonctions décrites par la MTC et l’anatomie-physiologie occidentale.
En particulier chaque organe décrit à la façon occidentale semblait trouver naturellement sa place dans la Voie des Eaux, mais je butais sur le rôle de la rate. Comment cette sorte de gros ganglions filtrant le sang pouvait-il “contrôler l’assimilation” dans tout le corps. Il s’agissait forcément de quelque chose d’autre. D’autant que vivre sans rate est possible.

Notons que dans cette interprétation le rôle de la Rate dans la Voie des Eaux prends enfin tout son sens. Anatomiquement, à la suite des organes du tube digestif, l’Interstitium/Rate est bien le transporteur du Qi de la nourriture pour qu’il se combine au Qi du foyer supérieur pour apporter le Qi vrai au coeur des cellules.
Cette analogie anatomique et fonctionnelle opère un rapprochement intéressant entre la symptomatologie de la Rate en MTC et la symptomatologie en Médecine Occidentale tels que ptôses d’organes. diabète de type 2, troubles liquidiens et lymphatique …

De même dans les horaires, l’enchaînement Foie, Poumon, Gros Intestin, Estomac semblait tout à fait logique dans l’évolution du métabolisme au cours d’une journée, mais la Rate à la suite de l’Estomac me posait question.
Et que signifiait l’expression “la Rate nourrit les muscles et gouverne la Chair”? Quel tissu pouvait-on appeller Chair, sachant qu’il ne s’agissait ni des muscles, ni de la peau , ni des os, ni des organes creux ou pleins…

Dans mes cours, la MTC décrivait la Rate comme un organe essentiel pour distribuer les nutriments issus du foyer médian (Estomac, Vesicule Biliaire, Pancréas, Intestin Grêle) dont l’énergie devenait disponible grâce à la respiration et à la circulation dans le foyer supérieur (Poumon et Coeur) avant élimination par les différents organes filtrants et exfiltrants du foyer inférieur (Foie, Rein, Vessie et Gros Intestin). Mais à quelle structure anatomique la rattacher ?
Il me semble que l’Interstitium, tel qu’il est décrit aujourd’hui avec précision et exactitude, remplit très exactement ce rôle : mettre en contact chaque cellule avec le sang qui rempli le double rôle de fournir les nutriments et de drainer les déchets métaboliques, réguler la quantité de liquide pré-lymphatique et lymphatique, faire circuler les éléments du système immunitaire etc …
Parce qu’il est également sous-muqueux, il distribue les liquides défensifs et lubrifiants.

En conclusion

Rapprocher les textes traditionnels de la MTC et l’anatomie-physiologie occidentale n’est pas chose aisée. Mais on ne peut qu’être agréablement surpris à chaque fois qu’une nouvelle découverte vient mettre en lumière la valeur des observation cliniques et des principes thérapeutiques de la MTC.

C’est le cas avec la publication en 2018 dans la revue Nature de l’observation, par de nouvelles méthodes de microscopie in vivo, du fonctionnement de l’Interstitium, tissu conjonctif interstitiel qui tapisse l’ensemble de muscles, organes, viscères, vaisseaux, muqueuses, et la peau …
Celui-ci n’est pas un simple tissu de maintien et de soutien.

Ce tissu formé d’alvéoles de collagène remplies de lymphe est décrit comme pré-lymphatique car il a la propriété de faire circuler de proche en proche les métabolites et les cellules de l’immunité depuis le sang jusqu’aux cellules.

Nous avons montré qu’il peut être analogiquement relié à la Rate dans sa fonction interne.

Bibliographie

(1) Article de l’équipe du Dr Neil Theise (Mount Sinai Hospital de New York) dans Scientific Report , cité dans Science et Avenir Août 2018.

(2) MTC Mag numéro 58 décembre 2018 auteur Anne Bénard

(3)Science et Avenir février 2019 “D’intrigants nouveaux organes”.

L’auteur

Etienne Lang est praticien en Energétique Traditionnelle Chinoise à Mont-Dauphin (Hautes-Alpes).
Il est également certifié en Psychosomatique Clinique et Humaniste.