Psychopathologie : dans la tête de Trump, l’inversion.

L’ex président américain a réussi à faire beaucoup fait parler de lui, mais aussi à faire le vide autour de lui, jusqu’à cette fin de mandat inédite : il est parti en laissant une jolie lettre à son successeur après avoir provoqué les émeutes du Capitol.
Donald Trump est-il fou ? Ou bien manipule-t-il tout le monde en brouillant les pistes ? Bien des hypothèses ont été avancées, mais existerait-il une clé de compréhension qui permettrait de comprendre ses comportements apparemment imprévisibles ? Nous avançons que oui : cette clé s’appelle … l’inversion.

Donald Trump est-il fou ?
Des spécialistes, des psychiatres ont été interrogés à son sujet. Leurs analyses permettent de cerner un peu plus sa personnalité : est-il schizophrène ? ou bien paranoïaque ? Rien ne permet de l’affirmer, notamment parce qu’il a des relations relativement normales avec sa famille et qu’il n’est pas connu pour avoir de véritables accès de délire.
S’il sait mentir ouvertement, il n’est pas pour autant complètement mythomane.
S’il est vrai qu’il s’est montré souvent capable d’humilier publiquement des personnes, il ne correspond pas complètement à la définition du pervers narcissique.
Et il ne joue pas assez finement des sentiments des gens pour être qualifié de pervers manipulateur.
Il semble vouloir toujours plus d’argent et de pouvoir. Une certaine dose de mégalomanie fait partie de son caractère, ainsi qu’une forte impulsivité mais il est reconnu que cela est fréquent, voir presque systématique chez toutes les personnes qui disposent d’une grande liberté d’action du fait de leur situation sociale. Cette « folie du pouvoir » est autant le résultat d’une situation que d’un trait de personnalité.
Le trait le plus caractéristique reconnu par tous ceux qui l’ont approché est sans nul doute un degré d’empathie proche de zéro. Pourtant il n’est pas un monstre froid, et comprend l’humour, dont il se sert volontiers pour obtenir ce qu’il désire. Et s’il est souvent colérique, il n’est pas systématiquement haineux.
Mais ce que tout le monde peut constater, c’est sa tendance à renverser les valeurs, à se conduire de façon contraire à l’éthique, à commencer toute relation par de l’opposition, un rapport de force, une agression.
Cette attitude antisociale, non diplomatique, choquante, et souvent désastreuse même si elle elle lui a apporté une certaine popularité, un certain succès est à la source de l’inquiétude qui s’est exprimée, et s’exprime encore aujourd’hui, à son sujet.
Certains ont cerné ce comportement caractériel en surnommant Trump « Mister No ».
Nous allons voir que cette expression est tout à fait justifiée.

Trump serait-il « branché à l’envers » ?
Sa nièce Mary Trump psychologue de formation, s’est intéressée de près au cas Trump et a fait part de son analyse dans un ouvrage paru l’été 2020 Too Much and Never Enough: How My Family Created the World’s Most Dangerous Man (ed. Simon&Schuster) . Elle explique notamment comment son père était méprisé et « moqué » par son grand-père « dominateur », Fred Sr. Et comment Donald Trump, sept ans plus jeune que Fred Junior, a appris « à mentir pour se mettre en valeur » après avoir été témoin des humiliations subies par son aîné .Elle décrit un climat familial de « convoitises, trahisons et tensions fratricides » pour expliquer comment Donald Trump a acquis des « comportements tordus ». « Les pathologies de Donald sont si complexes et ses comportements souvent si inexplicables qu’établir un diagnostic complet demanderait toute une batterie de tests psychologiques et neurophysiques qu’il ne passera jamais ».
En effet pour intéressante qu’elle soit, la vision offerte par cette étude est un mélange complexe de différentes tendances plus ou moins pathologique, et l’on peine à trouver la ligne directrice qui permettrait de qualifier facilement le personnage.
Il m’est pourtant apparu, et ce dès que j’ai commencé à connaître les faits et geste du présidents Trump à travers l’actualité, qu’il existe une notion de psychopathologie qui pourrait lui correspondre, qui rendrait parfaitement compte de son comportement de « Mister No » et permettrait d’élucider une bonne part du mystère.
Il s’agit de la notion d’inversion.

L’Inversion.
Le terme d’inversion au sens psychopathologique a été précisément défini par le docteur Salomon Sellam dans son ouvrage intitulé « l’inversion ou la négative attitude » (Editions Bérangel)
Il y décrit ce mécanisme psychique avec son diagnostique, sa prise en charge et son traitement. On y trouve de précieux éclaircissement sur des notions déjà utilisées en psychanalyse et en psychologie telles que la formation réactionnelle négative, l’auto-sabotage, les attitudes paradoxales etc.…
Nous allons voir dans les grandes lignes ce qu’est l’inversion et surtout comment elle permettrait d’expliquer les comportements déroutants de l’ex président.
Pour dire les choses simplement, l’inversion est une attitude, généralement inconsciente, de protection psychique qui opère un retournement de valeur. C’est en quelque sorte une phobie de la normalité.
Le plus simple pour parler de l’inversion, c’est d’évoquer des exemples de la vie courante. Il y a certainement des personnes plus ou moins inversées autour de vous, et peut-être découvrirez-vous que vous êtes-vous aussi à l’occasion capable d’inversion.
Par exemple une personne qui systématiquement détourne le regard quand vous lui dites bonjour mais qui se plaint si vous oubliez de lui dire bonjour manifeste une inversion. Telle autre personne qui se met systématiquement dans des situations compliquées, semble s’y complaire, et vous remet violemment à votre place si vous tentez de l’aider est également inversée. Peut-être connaissez-vous aussi une personne qui peut passer des heures à raconter tous les malheurs qui lui arrivent avec un ton détaché, et même une sorte de satisfaction ? L’inversion se manifeste aussi dans des actes tels que dépenser tout son argent de sortes d’avoir toujours son compte à découvert, vivre une succession de rencontres amoureuses désastreuses, s’arranger pour échouer dès que le succès est proche, se couvrir de ridicule lorsque l’on est honoré etc.

L’inversion est une attitude dans la vie qui peut sembler complètement folle et autodestructrice, mais elle a sa raison d’être. C’est une protection psychique, une façon d’échapper à un ressenti trop négatif, à des émotions trop déstabilisantes, généralement acquise dès la naissance ou dans l’enfance à la suite de traumatismes. Elle peut être également acquise par imitation de l’attitude parentale.
Il arrive qu’une personne prenne conscience de son inversion, elle déclare alors généralement quelque chose du genre « me sentir bien me met mal à l’aise », « le sentiment de sécurité me fait peur », « je ne peux rien faire comme tout le monde »…
Il est important de remarquer qu’une personne est rarement inversée sur tous les sujets : un tel ne sera pas capable d’être heureux en amour mais connaîtra la réussite professionnelle, telle autre sera à l’aise en société mais plongera dans les pires difficultés financières.

D’où peut provenir l’inversion ?
Dans l’ouvrage du Dr Salomon Sellam sont décrits de nombreux exemples de situations contraires à l’épanouissement de l’enfant qui finissent par induire une représentation paradoxale du monde dans lequel il vit.
Toutes ces situations ont en commun d’être à l’inverse de ce qui peut être attendu dans l’enfance : le fait de naître fille alors qu’était attendu un garçon, ou le contraire.
Ne pas être un enfant de l’amour, mais d’une relation accidentelle ou non consentie.
Ne pas être l’enfant du bonheur mais d’être plutôt un problème pour les parents, tel que l’enfant de trop, l’enfant qui oblige à un déménagement, qui impose de renoncer à des études pour trouver rapidement un travail.
Ne pas être conforme à ce qui est attendu, ne pas avoir la même corpulence, les même cheveux, le même caractère que les autres membres de la famille, ce qui met un doute sur la paternité.

Si l’on s’en tient à sa biographie officielle, et plus encore aux révélations de sa nièce, Donald Trump est né dans une famille particulièrement favorable à l’inversion. Certains diraient une famille tordue.

Le domaine d’inversion de Trump : la bienséance impossible ?
Étudions déjà en quoi il n’est pas inversé. Il est assez clair qu’avoir de l’argent ne le met pas
mal à l’aise. Avoir du pouvoir non plus. Comme beaucoup de gens il est heureux d’avoir une famille. Il apprécie la notoriété, il souhaite être au centre de l’attention. Rien que de très normal.
Voyons maintenant quand son comportement devient paradoxal : à chaque fois qu’il est en situation de se montrer courtois, il devient odieux.
Et lorsque son publique s’attend à ce qu’il dise des horreurs, il se met à parler plus posément. Lorsqu’il déclare quelque choses de choquant, il dit le lendemain à peu près le contraire. Lorsqu’on attend de lui qu’il se montre responsable, il se conduit de manière inconséquente. Lorsqu’on s’attend à ce qu’il se montre inconséquent, il devient un peu plus responsable.
Et tout cela de façon automatique, non calculée, impulsive, quitte à devoir assumer des contradictions insurmontables, le plus parfait exemple etant sa déclaration soufflant le chaud et le froid sur ses partisans et aboutissant à la manifestation qui a dégénéré au Capitol le jour de le reconnaissance officielle de sa défaite aux élections, suivie d’un appel au calme tout autant paradoxal.

Voyons enfin ce qu’il semble tenter d’éviter à tout prix.
Imaginez-vous qu’il puisse être à l’aise si vous le considérez comme gentil, généreux, avenant, courtois ?
Pensez-vous qu’il puisse supporter d’être correct, discipliné, responsable, rassurant, et même logique vis à vis de son public ?
Mon point de vue est que Trump est inversé à la relation sociale.
J’émets l’hypothèse qu’il lui est insupportable de rentrer dans une relation sociale constructive, basée sur l’estime réciproque. Au contraire il peut se détendre lorsqu’il est mal considéré, mal aimé, critiqué, hué. Il est complètement lui-même lorsque les passions se déchaînent devant lui, lorsqu’il suscite des sentiments négatifs, de la controverse, de l’hostilité. C’est exactement le climat dans lequel il a été élevé, ou plutôt maltraité.
Il se sent obligé de mépriser qui l’admire, repousser qui voudrait l’aborder avec humanité. Mais il se sent en sympathie avec tous les râleurs, opposants, ennemis, avec tous ceux qui manifestent la même inversion que lui, avec tout ceux qui sont rejetés pour leur attitude antipathique.
Une telle inversion coûte chère : elle a comme conséquence de n’avoir aucun amis, d’être constamment en recherche d’un équilibre impossible à trouver, d’être sans cesse en train de s’éloigner de ce qui fait le bonheur des autres êtres humains. Elle mène souvent à un destin tragique. C’est en général un vrai visa pour le malheur.
Effectivement les choses ont commencé à déraper sérieusement lorsque, ne parvenant plus assumer ces contradictions, il a trouvé refuge dans un déni formulé par des anglicismes qui nous sont bien connus maintenant : fake news , alternative truth. La vérité étant à l’inverse
qualifiée de bullshit.
La notion de vérité alternative ne fait que renvoyer à l’enfance de Donald Trump : celle-ci n’a été qu’un déni de sa vrai personnalité, qu’un mensonge au sujet du monde et des relations humaines.

Trump, un inversé qui a réussi ?
Des personnes présentant un comportement inversé peuvent parfois en tirer parti. J’ai connu un grand spécialiste des araignées qui avait atteint un bon degré de reconnaissance sociale grâce à son intérêt pour « ces petites bêtes que tout le monde déteste mais qui me plaisent justement pour cela, parce qu’elles sont comme moi  » disait-il.
Son inversion semblait provenir de problèmes de peau survenus dès la plus petite enfance, qui avaient eu pour conséquence un rejet social fort mais peu exprimé. Il en avait conçu un dégoût pour tout ce qui était doux, beau et agréable, et se complaisait dans l’inconfort et d’une façon générale dans tout ce qui est mal aimé de la plupart des humains.
Bon nombre de métiers particulièrement déplaisants ou risqués offrent de bonnes opportunités professionnelles et sociales à des personnes sujettes à une inversion.

C’est certainement le cas pour Trump qui à su faire de son comportement paradoxal le moteur de son ascension dans le monde des affaires, puis de son show télévisé, et enfin de son show politique.
Cela lui a certainement valu de nombreux succès dans l’immobilier, car il a fait des choix irrationnels qui ont surpris ses concurrents et lui ont permis de gagner par ce qui apparaissait comme des coups de bluff bien calculés. Mais j’avance qu’il s’agissait plutôt d’une « prime au culot » par défaut.
L’inversion lors de la prise de parole est prisée dans le monde audiovisuel, c’est un trait de personnalité très courant parmi les animateurs d’émissions les plus populaires. Car l’inversion agace considérablement, mais fascine parce qu’elle est incompréhensible au sens commun, littéralement impensable, et réellement surprenante, souvent tragi-comique.
C’est un ressort narratif inépuisable. C’est de l’imprévu garanti, du dépassement des bornes qui est inattaquable car il n’est pas motivé par la haine mais par le besoin de toujours se comporter de manière incorrecte, irrespectueuse, non politiquement correcte. L’animateur de show radiophonique ou télévisé qui marche sur cette corde raide suscite du dégoût souvent mais de l’intérêt toujours car il amuse, et exprime (le plus souvent sans le vouloir) des ressentis violents refoulés par ceux qui l’écoutent.
Le risque de laisser la parole à de tels personnages est bien connu : la farce dégénère et la violence fait irruption dans ce spectacle. C’est la thématique du film « le Roi Pêcheur  » de Terry Gilian avec Robin William. L’animateur radio s’amuse à se montrer politiquement incorrect, provocateur, à jouer sous prétexte d’humour à attiser la haine, jusqu’au jour ou l’un de ses auditeurs prends ses propos au sérieux et se livre à un massacre dans un restaurant.
C’est bien ce genre de personnalité qui avait pris la tête des Etats-Unis, qui possédait le code de la bombe atomique et qui a fini par provoquer des émeutes sanglantes.

Pourquoi Trump a-t-il eu le vent en poupe ?

Un enfant inversé est vite en difficulté, mais ne laisse pas indifférent, et s’adapte. L’enfant qui se comportait de façon « bizarre et paradoxale » dans la cours de l’école, et à qui l’on pardonnait parce qu’il vivait dans une situation pas simple dans sa famille, et aussi parce qu’il faisait rire et apportait un peu de folie dans un monde trop sérieux, compensait le rejet par le fait de devenir objet d’attention. Cet enfant devenu grand a trouvé une place dans laquelle il est pris en considération. Il est craint car il ne respecte rien, il est suivi par les autres inversés, et par ceux qui recherchent une personnalité forte et novatrice.
Or il y a toujours un risque qu’une société toute entière connaisse une inversion des valeurs. En tout cas au Etats-Unis c’est une bonne proportion de la population qui est devenue inversée, ainsi que bon nombres de députés qui ont perdu de vu l’importance qu’un dirigeant se comporte de façon relativement normale.
Se comporter normalement, comprenez « de façon sociale, travailleuse, courtoise, confiante » n’est plus depuis de nombreuses années le gage de la réussite et du bonheur pour une part de plus en plus grande de la société. Le creusement des inégalités sociales, l’inadéquation du discours et des actes au plus haut niveau de la vie politique sont de plus en plus ressentis comme une agression à laquelle seule une réaction anti-système peut répondre.
Rationnellement, l’attitude juste serait de tenter de reprendre le pouvoir en tant que citoyen et de rétablir une justice et une justesse politique. Mais cela ne semble plus possible. Alors émotionnellement, ce qui paraît juste à une part croissante de la société, c’est de se méfier de ce qui était jusque là digne de confiance, et de faire confiance à ce dont il fallait se méfier.
Inévitablement, une inversion en rencontre une autre et elles s’allient.

Trump serait-il finalement prévisible ?

Si nous avons raison d’avancer que Trump est un adepte malgré lui de la « négative attitude sociale », alors il devient possible de comprendre les déclarations qu’il a faites et les décisions qu’il a prises, et celles qu’il prendra.
Le point essentiel est le suivant : il n’existe aucun point de vu stratégique ou politique dans ses déclarations qui puisse surpasser son besoin d’exprimer sa « négative attitude ».
Sitôt qu’apparaît une situation dans laquelle il prend sa mine boudeuse d’enfant de 5 ans, c’est effectivement un enfant de 5 ans débordé par la pression de ses émotions qui va s’exprimer au mépris de toute prudence et de toute vision d’avenir.
Et si par hasard une de ses prises de position pouvait lui valoir d’accéder à la sympathie massive de l’opinion, immédiatement il serait embarrassé et forcé à se déjuger.

Quelques exemples : il a le choix d’opérer un rapprochement parmi plusieurs hommes d’états. Lesquels va-t-il choisir ?
Réponse: celui qui est le plus détesté par l’opinion publique internationale, et celui dont on s’attendait le moins qu’il devienne son allié du fait d’une défiance très ancienne.
Il doit se positionner sur une grande question de société, telle le réchauffement climatique. Quel camp va-t-il rallier ?
Réponse : celui des sceptiques, des opposants, qui ne peuvent être taxés de conformisme, ou même simplement de lucidité
Il est face à de terribles injustices sociales dans son pays. S’il lui est insupportable que l’on puisse lui prêter de quelconques sentiments de sympathie, d’empathie, de solidarité, que doit-il faire de l’assurance maladie nouvellement mise en place ? Déclarer son abrogation, naturellement.
Il doit diriger un pays qui est le plus multiculturel au monde, comment se positionne-t-il ? Réponse : de la façon la plus inversée possible, en fustigeant l’immigration, le multiculturalisme, en s’opposant à tout le monde, en dressant les uns contres les autres.
On lui demande s’il serait prêt à utiliser l’arme nucléaire ?
Sa réponse dépend de son ressenti affectif : c’est le point de vu le moins acceptable, le plus antisocial, celui qui fait de lui l’homme le plus inquiétant qui lui vient à la bouche.

Voilà ce que nous avons pu observer. Et certains craignent qu’il ne cesse pas d’attirer l’attention et d’attiser la haine par son attitude et ses propos déplacés alors même qu’il n’est plus président. Il n’a en effet aucune raison de changer la formule qui l’a propulsé dans sa fuite en avant.

Pouvons nous en finir avec l’inversion ?
Le renversement des valeurs suscité par l’inversion détruit la relation de confiance, le contrat social qui permet le vivre ensemble. S’opposer à l’inversion par le débat contradictoire ne sert à rien, car il s’agit d’une attitude paradoxale et irrationnelle. S’y opposer de manière dialectique c’est en nourrir le mécanisme. Ne rien dire, ne rien faire, c’est malheureusement laisser libre cours à ses effets destructeurs. L’inversé ressens dans son propre corps que lorsqu’il est animé de sentiments agréables il voit surgir des émotions insupportables. Lorsqu’il vit des émotions paisibles et agréables tout son psychisme se mets en état d’alerte et provoque un sabotage.
Un homme a remarquablement su nous montrer l’attitude juste : le Docteur Fauci, chargé de la communication sur le sujet de la crise sanitaire. Conscient de sa responsabilité, il se contentait de reformuler à l’endroit ce que le président avait dit à l’envers, et cela marchait.
Face à une personne inversée, la meilleure attitude consiste à reformuler au positif toutes ses paroles négatives, et ce qui est surprenant c’est qu’en général elle ne s’y oppose pas. Une part d’elle même sait que c’est la vérité et réalise que ce qui lui est interdit, c’est uniquement de l’exprimer.
A l’instant même ou il a su qu’il avait perdu les élections, Trump a dit qu’il avait gagné, pour autant il est clair que c’est juste son inversion qui parlait dans sa bouche. Il aurait été bon qu’une autorité soit en mesure de déclarer : « ce que le président Trump veut dire en réalité, c’est qu’il reconnaît sa défaite » !

D’expérience, il apparaît que pour que cessent les ravages causées par une attitude inversée il faut en arriver à une situation extrême.
Parfois cela abouti à une prise de conscience du sujet qui s’exprime en consultation : « j’aimerai que vous m’aidiez a comprendre pourquoi je me sens si mal, pourquoi je fuis tout ce qui pourrait me faire du bien, pourquoi je me sabote, pourquoi je fais le vide autour de moi »
Si ce n’est pas le cas, c’est à l’entourage de se protéger. Pas par la haine et le ressentiment, qui inévitablement ont tendance à s’installer vis à vis d’une personne inversée, mais par la compréhension du mécanisme et l’adoption de l’attitude de désinversion appropriée.

Dans le cas de Trump, la prise de conscience et l’entrée en thérapie n’a pas encore eu lieu et n’aura peut-être jamais lieu, et cela finalement lui appartient.
Il est assez rassurant que la haine contre lui semble peu s’exprimer par rapport au sentiment de compréhension qu’il n’est pas maître de ses paroles et de ses actes, et de soulagement qu’il soit simplement écarté du pouvoir.
Reste à rétablir le sens du vrai et en finir avec la notion de vérité alternative qui a contaminé le monde entier à travers les réseaux sociaux.
C’est exactement le programme annoncé par le nouveau président des Etats-Unis.

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